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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 04:52

Le téléphone1 existait à St Jean depuis plusieurs années, (au tout début du siècle2) mais il s'agissait d'une cabine installée chez Mme veuve Leroy, débitante rue des Meuniers.

 

L'auberge-LeroyBien rares étaient ceux qui à l’époque se servaient du téléphone. Le téléphone n’était exploité commercialement que depuis 1879 en France, ce qui fait que la majorité des habitants de Saint-Jean en ignorait l’existence. Et bien même qu’un correspondant vous appelle, fallait-il encore être informer qu’un appel vous était destiné. Cela se faisait par un télégramme qui vous était adressé et que madame Leroy était chargé de vous remettre, ensuite charge à vous de prendre contact avec votre correspondant. Pour les destinataires de télégrammes habitant à proximité de la cabine, cela ne posait pas de difficulté, mais il en était autrement pour ceux habitant  à l‘autre bout de la commune. 

 

Sonnerie.jpgCela n'allait pas sans problème et le maire, à plusieurs reprises, avait été informé par la direction des postes et télégraphes, du refus de cette dame Leroy de se déplacer pour remettre les télégrammes. Il était insisté sur le fait que le gérant de la cabine devait se déplacer de jour comme de nuit pour les remettre sans aucun retard.

 

D'ailleurs pour ne pas être dérangé la nuit, cette personne avait refusé l'installation d'une sonnerie. Une lettre du  27 mai 1913 du directeur des postes et télégraphes fait état de ce refus. Ajoutons que pour ce travail Mme Leroy touchait une rémunération.

 

Au mois de mars 1914, cette dernière demande à cesser ses fonctions. Le maire est chargé de bien vouloir "désigner le plus rapidement possible un nouveau gérant et un suppléant". Chose peu aisée à l'époque, ceux qui sont équipés du téléphone étant plutôt rares. La direction des postes s'en préoccupait par ailleurs de son côté.

 

Lettre du 28 mars 1914Le  28 mars 1914, le maire est informé par cette direction, que deux habitants de Saint-Jean, M. des Hyères et M. Petitjean, abonnés au réseau télépho-nique, acceptant d'assumer cette tâche et seraient reliés directement au bureau de Pierrefonds.

 

Dans cette lettre, le directeur des postes et télégraphes de l’Oise précise au maire : « Je vous serai très reconnaissant de vouloir bien assurer l’établis-sement de cette relation directe.

Je ne saurai trop insister pour que le service téléphonique soit rétabli le plus tôt possible dans votre commune, des intérêts graves me paraissant lésés.

Cette situation ne pourrait se prolonger sans que l’adminis-tration soit amenée à envisager la fermeture définitive du bureau téléphonique ».

Ce qui pour les habitants de la commune aurait causé un grave préjudice.

 

Cette situation ne pouvant s'éterniser et le courrier, télégrammes, etc… se développant, le maire, par lettre datée du 19 mars 1914, demande à ce que des "études soient menées tendant à la création d'un établissement de facteur receveur dans la commune".

 

Lettre direction des postesIl lui est répondu que pour cela le Conseil municipal devra prendre une délibération dans laquelle celui-ci s'engagera à payer le surcoût du loyer du bâtiment prévu à cet effet qui pour l'administration, ne devra pas dépasser 200 francs par an, et que la commune fera l'achat d'un indicateur des levées. L'administration répond au maire que dès qu'elle sera en possession de cette délibération des propositions utiles lui seront faites. Cette délibération est prise lors de la session du 31 mars 1914.

 

Le  29 août 1914, le directeur des postes informe le maire qu'en vertu d'un arrêté ministériel du  26 août courant, un établissement de facteur receveur est créé à Saint Jean aux Bois.

 

La guerre ruinera ce projet et ce n'est qu'en 1920 qu’il reviendra à l'ordre du jour.

 

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1. Archives communales série O (voirie, transports publics) sous-série 2 O (Moyens de transport et travaux divers) article 2 et O 3 (Lignes téléphoniques)

2. En 1901, l’administration des Télégraphes procède à l’établissement de la ligne électrique destinée à relier téléphoniquement Saint-Jean-aux-Bois à Pierrefonds en exécution des lois des 28-30 juillet 1885. Lois relatives à l’établissement, à l’entretien et au fonctionnement des lignes télégraphiques et téléphoniques.

A cet effet, le tracé de cette ligne, indiquant les propriétés privées où il doit être placé des supports, est affiché pendant trois jours, à partir du 2 mai 1901, aux mairies de Saint-Jean-aux-Bois et de Pierrefonds où les intéressés peuvent en prendre connaissance et présenter leurs observations et réclamations.

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