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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 05:31

Le 25 août 1935, le conseil municipal ayant constaté que le doryphore avait fait son apparition dans la commune, décide de faire l’acquisition d’un appareil spécial en vue de protéger les plans de pommes de terre par la projection d’un certain liquide.


Il est décidé que cet appareil serait prêté aux administrés qui en feraient la demande et serait mis sous la surveillance du garde champêtre.


De même il est convenu qu’une annonce serait faite dans la commune chaque mois de mai et qu’il serait rappelé l’importance et la nécessité de la lutte contre le doryphore.


Fichier-Colorado potato beetleCet insecte, ressemblant un peu de par sa forme à une coccinelle, mais sensiblement plus gros et de couleur très différente, fait des ravages dans les plans de pommes de terre en s’attaquant aux feuilles qu’ils dévorent allègrement.


En 1941, nous sommes en période d’occupation par les allemands, le conseil municipal examine le point de l’ordre du jour concernant la lutte contre les doryphores. En fait il s’agit plus de mettre en application les mesures imposées par la loi du 18 février 1941 et par l’arrêté préfectoral d’application.


Après lecture de cette loi par le maire, le conseil municipal délibère :


"Le conseil municipal représente à M. le préfet que : la lutte contre le doryphore est exercée dans la commune depuis 1933 d’une façon efficace. Toute la population apporte tous ses soins au ramassage journalier et à la destruction de l’insecte sous toutes les formes. La commune ne possède pas de terrains pouvant grouper la culture du pays. Par suite du morcellement de territoire enclavé dans la forêt, d’autre part on ne cultive en tout que quelques hectares qui sont destinés à chaque ménage.


            Le conseil municipal décide :


1° Toute plantation de pommes de terre devra faire l’objet d’une déclaration à la mairie avec indication exacte de la plantation.

 2° En raison des dangers mortels des traitements que la loi oblige d’appliquer, il est interdit de cultiver des pommes de terre avec d’autres plantes pouvant servir à l’alimentation de l’homme ou des animaux.

3° Toute personne cultivant la pomme de terre est tenue de rechercher le doryphore dans ses cultures. Dès qu’une personne a constaté la présence de l’insecte (même dans un champ ne lui appartenant pas) doit en faire la déclaration au maire.

4° Toute personne cultivant la pomme de terre doit détruire les œufs, larves et adultes dès leur apparition dans ses cultures ; par un ramassage soigné, puis par des traitements arsenicaux. Le ramassage doit être journalier.

5° Sur tous les champs de pommes de terre devront être effectués au moins deux pulvérisations de bouillie d’arséniate de plomb, de chaux ou d’alumine.

6° L’application de ces mesures fera l’objet d’une surveillance active du maire, des conseillers municipaux et du garde champêtre qui auront tous droits de pénétrer dans les enclos où il y aura des pommes de terre.

7° La loi punit les contraventions aux dispositions ci-dessus d’emprisonnement d’un mois à un an, d’une amende de 50 à 500 francs, ces peines étant doublées en cas de récidive (art. 11)

En outre, le conseil décide de faire arracher et brûler sans préavis tous les plans négligés.

 8° Il sera porté ultérieurement à la connaissance la façon de se procurer les produits".


Cette question revient à l’ordre du jour du conseil le 8 juin 1941. Celui-ci décide de donner des primes aux enfants qui apporteront des doryphores.

                       Primes de 5 francs pour 500 insectes jusqu’à fin juin.

                       Primes de 3 francs pour 500 insectes jusqu’à fin juillet.

Ces primes seront prises sur les dépenses imprévues du budget. M. le docteur Hammel, conseiller municipal fait un don de 50 francs pour les 10 premières primes.


Aux lendemains de la guerre, la lutte contre les doryphores est évoquée lors du conseil municipal du 9 juillet 1945. Un conseiller demande que les champs de pommes de terre soient soignés. Une discussion s’engage d’où il ressort qu’il est nécessaire d’acheter un nouvel appareil pulvérisateur. On décide aussi que chaque champ de pommes de terre aura une pancarte portant le nom du propriétaire.



 

Doryphore.jpg

 

Pendant la guerre de 1939/1945, je me permets un souvenir personnel, les allemands, gros mangeurs de pommes de terre, (nous n’avons pas oublié le mot Kartoffel), nous mobilisaient à la fin de la classe, pour aller dans les champs de patates  ramasser ces doryphores, ainsi que leurs œufs et larves.


Nous partions, chacun avec une vieille boite de conserve percée de deux trous pour passer une ficelle ou un fil de fer, et allions entre les rangs cueillir ces charmantes petites bestioles.


Au bout de chaque rangée, les boites étaient vidées dans un fût, et les doryphores  étaient brûlés sous la surveillance vigilante d’un soldat allemand.


Ce n’était pas une occupation qui nous réjouissait, mais à l’époque on ne nous demandait pas notre avis.


Cette opération se répétait deux ou trois fois par semaine. Nous nous égaillions rapidement dans la nature quand on nous faisait signe d’arrêter, pour aller retrouver des jeux plus passionnants.


C’est pourquoi il nous arrivait, outre les différents noms donnés aux allemands, de les appeler les « doryphores ».

 

 

Le doryphore, ou doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata), appelé aussi « Chrysomèle de la pomme de terre » ou plus familièrement la « bête du Colorado », ou, au Canada, la « bibitte à patate », est une espèces d’insecte de l’ordre des coléoptères, de la famille des chrysomélidés, aux élytres jaunes rayés de noir.

Si vous le souhaitez, allez voir la suite sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Doryphore

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Published by niddanslaverdure
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Francis 11/02/2013 21:11


Au 19e les municipalités prenaient le même genre d'arrêté pour lutter contre les vers blancs (hannetons) et les instituteurs emmenaient les enfants ramassaient les vers


 


http://nemorosus.over-blog.com/article-friandises-pour-la-volaille-106222265.html

niddanslaverdure 12/02/2013 09:41



Merci de votre commentaire. Il en était de même pour les chenilles. En début de chaque année le préfet prenait un arrêté fixant les période où l'échenillage devait se faire, à charge pour les
maires de le faire effectuer.



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