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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 06:34

 

Charles Augustin Poulletier est baptisé le jour même de sa naissance en l'église St Jacques de Compiègne le 18 février 1739. Fils légitime du sieur Philippe Hyacinthe Poulletier écuyer du Roy, commissaire ordinaire des guerres et de dame Madeleine Engadrem Esmangart de Beauval, le parrain est le sieur Charles Philippe Hyacinthe Poulletier, et la marraine dame Augustine Engadrem Esmangart. Voilà pour ses origines.

 

Augustin Poulletier est issu d'une famille que nous appellerions aujourd'hui de notables. Nous en trouvons plusieurs à la maîtrise de Compiègne au 17ème siècle. Nous avons vers 1768, un prêtre vicaire et ensuite curé du Crotoy, qui vient à St Jean à plusieurs reprises remplacer le curé prieur Dubois. Il assistera aux obsèques de ce dernier. Son frère Claude François a été président du tribunal civil de Compiègne de 1807 à 1810. Son neveu, du côté maternel, François Esmangard de St Maurice, était à la mort de Poulletier en 1817, adjoint au maire de Compiègne, membre du conseil d'arrondissement.

 

Lui-même durant sa vie active, est commissaire général et ordonnateur de la marine.

 

Quelques lignes écrites dans le registre des délibérations de la commune à la date du 17 frimaire An IV de la République (8 décembre 1795), nous apprend que Charles Augustin Poulletier, auparavant domicilié à Compiègne, demeure depuis le 1er juin à Saint-Jean-aux-Bois. Il habite dans une partie des anciens bâtiments du couvent qu’il avait acquis l’année précédente. Sa sœur, Marie Françoise, habite avec lui. Celle-ci décède le 13 juin 1808.

 

Dans son livre "Description du département de l'Oise", édition de l'an XI (1803) Cambry — premier préfet de l’Oise — nous donne cette description du personnage. "Le village de S. Jean est au milieu de la forêt ; la colline par laquelle on y descend en venant de Pierre Fonts, assez rapide pour que nous fussions obligés d'enrayer : le pauvre village, les tourelles découvertes, l'abbaye dans un état déplorable, me disposèrent au changement dont j'allais être le témoin. Un ancien intendant de la marine, homme plein de lumières et de probité, que j'ai connu dans des jours plus heureux entourés du luxe de sa place, s'est retiré dans cet asile, où, fatigué des hommes, ami d'une retraite sauvage, absolue, il vit, travaillant de ses mains la terre, et n'ayant d'autre compagnon qu'un chien qui ne l'a pas quitté ; sa barbe avait six lignes de longueur (le pouce, 27 mm, était divisé en 12 lignes), ses cheveux gris étaient hérissés sur sa tête, ses vêtements participaient au délabrement de tout ce qui l'entourait : nous nous serrâmes la main en versant quelques larmes. Il est heureux encore dans cet état, car il est dégoûté du monde qu'il connaît, et sait vaincre par sa sagesse, par sa philosophie, par sa fermeté, par le travail, tous les regrets qui pourraient l'assaillir. Nous fîmes chez lui un repas très frugal, dans lequel il nous prodigua les restes de sa fortune passée ; quelques vins délicats, du vin de cap, des liqueurs de la Martinique, et d'excellent café moka ; nous le quittâmes, pressés par le temps, par la nuit, en souhaitant qu'un jour le gouvernement le rende (s'il veut y consentir) au monde, à la marine, qu'il peut servir utilement."

 

D’après ce que nous lisons par ailleurs, Poulletier ne devait quand même pas être dans le dénuement que nous donne à lire Cambry. A la lecture du testament qu’il laisse à son décès, l’on s’aperçoit qu’il disposait de revenus assez conséquents.

 

Ses fonds comptants, ses revenus en blé et autres grains sont importants. Il possédait une calèche et cheval.

 

A son service quatre domestiques et deux femmes, dont l'une semble avoir joué le rôle de gouvernante durant de très longues années, rendant « de bons, fidèles et loyaux services ».

 

Du 11 germinal An VI (31 mars 1798) au mois de messidor An 7 (juin-juillet 1799) est l’agent municipal chargé de l'enregistrement des actes d'état civil de la commune.

Nommé aux fonctions de maire le 24 germinal an VIII (14 avril 1800) par commission du préfet Cambry, il était sous Louis Aubé (maire précédent), officier municipal. Son activité se confond avec celle de son adjoint Leduc.

Qui était Poulletier?

à suivre…

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